| Va |
Ile
|
posté le 2009-06-29 à 12:08:39
Toujours le sens de l'épine et de l'épure. La croisée des mondes dans la lumière sur les vignes. La petite robe rouge dans la vigueur du jour. L'étrange voix de l'air par la bouche des feuilles. L'odeur chauffée des sueurs. L'homme qui rentre lentement par le chemin du soir. Ces choses maintes fois dites, faites. La traverse des nuits aux yeux de lilas, une neige de brume aux longs doigts d'écharpes. Et le ruisseau qui chante son impatience bleue. Est-ce là le battement sidéral du panier quotidien ? L'ange novice a un rire d'alouette quand il ne répond pas. La vie va dans ce méli-mélo, comme une image pieuse, sans le savoir.
Ile Eniger - Un cahier ordinaire
|
|
christiane
Site/blog
259 messages
|
posté le 2009-06-29 à 13:06:34
C'est tellement beau et vrai! Un peu comme une prière, mais c'est la vie quotidienne, j'aime cette association des mots, cette légèreté,l'observation de ce qui est ressenti!
|
|
flo
|
posté le 2009-06-29 à 13:15:27
on entend toujours le craquement des foins et le chant de la cigale en fond sonnore de tes textes. Toujours plein de lumière extérieure et intérieure.
|
|
Ile
|
posté le 2009-06-29 à 14:03:59
Merci à toutes les deux.
C'est vrai Christiane que je sens souvent le quotidien comme une prière à vivre, je ne dis pas que j'y arrive, seulement que je sens cette dimension-là, à mettre en oeuvre.
Flo, la musique de ma terre natale c'est la partition que je n'oublie jamais ! Oui, aussi cette envie d'accueillir la lumière, toute ! J'essaie en tout cas de ne pas la perdre de vue !
|
|
LiseCC
Site/blog
347 messages
|
posté le 2009-06-29 à 14:51:22
La perdons-nous ?
il m'arrive parfois au détour d'une phrase, dans le trébuchement sonore d'un mot qui ressemble de loin au patois de chez moi, de retrouver intacte la frappée de la pluie sur la vitre d'hier. Il m'arrive souvent au bord de cette vie de recevoir encore l'onde chaude d'hier, la couleur du nuage qui traversait le soir, le vol noir et tranchant de l'hirondelle d'aoùt, le parfum de ce pin au fond du jardin vert.
Dans ce pays de froid où rien ne me ressemble, je m'accroche des yeux à l'empreinte trop loin, qui refuse la gomme et ne s'efface pas.
|
CC
|
Ile
|
posté le 2009-06-29 à 15:11:25
En fait, Lise, quand je parle de "lumière" (et c'est dans ce sens que je répondais à Flo), je ne parle pas que de celle qui baigne le parcours incarné, même si je la sens merveilleusement présente ! Je parlais de celle qui "auréole" en quelque sorte,qui jumelle de manière plus subtile, la matière lumineuse. Une lumière "absolue" en quelque sorte, qui conduit la marche de façon plus ample ! Et quand je dis que "j'essaie de ne pas la perdre de vue", c'est que la vie est tellement matériellement ancrée, ce qui est d'ailleurs indispensable ! on peut oublier ou occulter sans même le vouloir, cette dimension lumineuse plus aboutie.
Belle journée Lise.
|
|
flo
|
posté le 2009-06-29 à 15:53:48
quand on la perd, on perd la joie et ses détours de vague à l'âme parfois, mais joie tout de même...
|
|
|
Ile
|
posté le 2009-06-29 à 20:16:29
Christiane, tu as tout à fait raison en ce qui concerne le message de Lise ; toute à mon explication de vouloir dire l'exact de ce que je ressentais de la "lumière", j'en ai occulté l'émotion contenue dans le message de Lise ; ton intervention me permet de le relire et de l'apprécier pleinement, pour cela, merci christiane.
Oui Flo, la lumière et la joie, quelle belle conjugaison !
|
|
christiane
Site/blog
259 messages
|
posté le 2009-06-29 à 23:00:00
Non, Ile, ne t'excuse pas! Ce que toi et Flo exprimez est juste et très vrai et je voulais simplement dire ce que j'avais ressenti du message de Lise, très sensible, "à fleur de peau", je le comprenais parfaitement. Mais on pourrait dire qu'on se situe à deux niveaux.Désolée de t'avoir apporté des désagréments involontaires, alors que ton texte poème est une lueur dans ma journée!
Dernière modification le 29-06-2009 à 23:03:30
Dernière modification le 29-06-2009 à 23:03:39
|
|
Ile
|
posté le 2009-06-29 à 23:25:48
Christiane, pas du tout un "désagrément", au contraire ! juste la possibilité d'avoir pu me réajuster moi-même sur quelque chose sur laquelle j'étais passée un peu trop vite et dont ton très juste commentaire m'a fait prendre conscience ! Et heureuse que mon texte t'ait plu.
|
|
LiseCC
Site/blog
347 messages
|
posté le 2009-06-29 à 23:33:07
Merci Christiane, Ile, Flo ; je suis moi aussi très touchée par le texte premier de Ile, j'y sens des mots à moi en transparence, venus d'une autre vie peut-être. Filles du sud, serions-nous toutes soeurs ?
Je pleure moins qu'avant ma sororité, et je ne sais pas si vous mesurez à quel point c'est un miracle, pour moi, de vous avoir rencontrées, dans cette auberge. Ici, même si - ou lorsque - je divague en sensibilité débordante, personne ne m'a encore rabrouée. Je ne sais pas si vous mesurez l'ampleur du cadeau ?
Retour au texte UN, qui se lit comme on chante sans quitter des yeux l'horizon là-bas. Savoir qu'il fait partie d'un "cahier ordinaire" me rassure : il y en a d'autres, semblables, et nous pourrons, un jour, les tenir en mains ?
|
CC
|