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Accueil du forum >> Poésie (Atelier)

Postez ici vos textes poétiques dans l'esprit d'un échange constructif. Le texte peut être reposté à plusieurs étapes de sa finition.

La partition
Ile

posté le 2007-01-15 à 00:29:41

... entêtée l'île !!!
Voici encore un petit travail hors des chemins du 12 !, ça commence à moins gêner aux entournures du poignet !

Ta voix flotte encore. Je la touche. J'écris dans ton empreinte comme dans un carnet. Par la fenêtre, un cri d'enfant. Un cri exubérant piqué au crépuscule. Puis rien. Une porte qui claque. Je reçois les odeurs, mandarines, fruits verts. L'amande douce. L'ombre a un goût de frangipane. Un plané de mouette vérifie l'horizon. Sur la pierre tranchée où s'aiguise la nuit, le blanc marie le noir à un morceau de mer comme on se jette à l'eau. J’entends ta voix bien après les paroles. La partition. Je la suis du doigt. Sa mémoire est humide. Elle nettoie l'absence.

Flo

posté le 2007-01-15 à 10:11:18

ca amplifie la force de tes textes, oui, ça réveile l'attention. j'aime vraiment ce travail.

Par exemple, il reste une phrase en presque vers de six, six, six... "le blanc marie le noir à un morceau de mer comme on se jette à l'eau" qui donne très bien car en contrepoint de rythme du reste qui est plus en respiration courte.


Oui ca fait respirer tes textes, j'aime réellement !

Ile

posté le 2007-01-15 à 11:29:49

Merci Flo, la phrase dont tu parles est en effet-là dans le but que tu as senti.
Cependant je sens aussi que si tous mes textes s'orchestraient de la sorte, il y aurait un systématisme asséchant encore plus dangereux (sorte de travail de préfabrication) que le rythme 6/12 ; difficile de naviguer dans ces écueils !

Isa

posté le 2007-01-15 à 14:01:27

tu sais quoi? tu me donnes envie de reprendre mes vieux textes à chansons de 2001 et de les travailler ainsi. A l'époque, je sentais bien que le douze syllabes n'était pas toujours nécessaires, et ça me gênait

ça m'amuse beaucoup d'essayer ça
si c'est montrable je vous montre

Rémy

posté le 2007-01-15 à 19:25:15

Pourquoi ne vas-tu pas correctement à la ligne ?


8 Ta voix flotte encore, je la touche.
12 J'écris dans ton empreinte comme en un carnet.
8 Par la fenêtre, un cri d'enfant.
12 Un cri exubérant piqué au crépuscule.
8 Puis rien. Une porte qui claque.
12 Je reçois les odeurs, mandarines, fruits verts.
(après ça se gâte un peu, ç'aurait été mieux de continuer 8 12 8 12 en variant le rythme à chaque vers...)
12 L'amande douce. L'ombre a un goût de frangipane.
12 Un plané de mouett' vérifie l'horizon.
12 Sur la pierre tranchée où s'aiguise la nuit,
12 le blanc marie le noir à un morceau de mer
6 comme on se jette à l'eau.
4 J’entends ta voix
6 bien après les paroles.
4 La partition.
6 Je la suis de mon doigt.
6 Sa mémoire est humide.
6 Elle nettoie l'absence.

Ile

posté le 2007-01-15 à 21:00:17

Pourquoi dis-tu "correctement" ? Pour moi le correct de ma manière d'écrire, c'est à dire l'exact de ma mise en mots, se traduit presque toujours par la forme prosée, non que je n'aime pas la forme poème, mais ça n'est pas du tout moi. J'aime le texte rassemblé, comme un muscle.

Pour la phrase "j'écris dans ton empreinte...", je prèfère le "dans" plutôt que le "en" que tu me proposes parce que ça m'évite le hiatus, et stigmatise la fermeture, le non ouvert du carnet, c'est plus insistant.

"Je la suis du doigt", là c'est le contraire, rien de formel, (le "mon" préciserait trop, je préfère rester dans l'apprentissage aérien, comme un enfant qui apprend à lire, sans précision.

Merci Rémy de t'être penché sur mon texte, je trouve que c'est intéressant de voir comment les autres reçoivent ce que l'on a écrit.


Rémy

posté le 2007-01-16 à 09:34:07

Beurk, tu réponds moi je moi je moi je. Aaaalors, une explication. Ne re-réponds pas, sinon on va s'empailler, et c'est pas la peine.


L'écriture est le sujet de nombreuses traditions et conventions qui servent à s'assurer qu'elle reste une communication : pas seulement du moi moi moi, mais surtout un truc avec les AUTRES - et pas les autres écrivains ni les autres participants du forum, qui sont peu ou prou dans le même rôle que moi moi moi, non : des autres qui sont dans un autre rôle vis-à-vis du même texte, qui ont d'autres attentes et qui sont concernés par d'autres problématiques cognitives que celles de l'auteur : les lecteurs. Leur première problématique, c'est de déchiffrer, tout simplement ; la deuxième problématique, dont s'occupe leur cervelle sans même qu'ils le remarquent, c'est de détecter régularités et irrégularités, assonances, allittérrations, rythme, etc..

L'orthographe, la grammaire, la ponctuation, l'organisation du texte en paragraphes (strophes, vers), tout ça ça sert à faciliter le boulot du lecteur.


Maintenant : il y a toujours une différence entre ce qu'on a voulu faire et ce que le texte est devenu finalement. Le truc, c'est de l'assumer, cette différence. Là tu as voulu faire de la prose, mais paf, c'est quand même sorti en vers. Même en ne mettant pas les sauts de ligne, ça reste des vers - exactement comme les mots restent ce qu'ils sont malgré d'éventuelles fautes d'orthographe. Ça n'apportera rien du tout de te le cacher à toi-même ; et au lecteur, dont le cerveau est tout entier occupé à détecter régularités et irrégularités (puisque ton respect de l'orthographe et de la grammaire lui facilite le déchiffrage), tu n'arriveras pas à le cacher. C'est ce que te disent Flo et Isa : à vue de nez, elles s'attendaient à de la prose, elles ont trouvé des vers masqués, et ça les a ennuyées.

Alors assume : reconnais tes vers et OU BIEN présente-les comme tels et corrige ceux qui sont boiteux (trouve une autre solution qu'"en" à la place de "dans") OU BIEN modifie-les pour en faire vraiment de la prose.

Ile

posté le 2007-01-16 à 11:28:51

Rémy, je réponds parce que j'en ai envie et on va pas "s'empailler" comme tu dis parce que pour "s'empailler" faut être deux au moins et je n'en ai aucune envie.

La poésie rytmée régulièrement ou pas, peut s'écrire de n'importe quelle manière, comme elle s'écrit dans nos environnements qui sont loin d'être régulièrement orchestrés. Mon choix c'est la prose parce que c'est ce que je préfère, mais on pourrait en effet écrire autrement (et j'ai aussi écrit autrement) et sous n'importe quelle autre forme. J'habille comme je veux mon ressenti et laisse aux autres le choix de faire de même, c'est l'avantage de la diversité. Et aussi du plaisir d'apprendre de l'autre, dans le respect et la liberté et sans s'empailler justement !
Ton explication de la forme n'est pas convaincante, tu la présentes comme une sorte d'obligation que tu argumentes par la cérébralité, mais l'esprit est forcément plus limité que l'intuition, il est toujours en retard d'un neurone par rapport à l'Animalité première qui elle sait où elle va.

Oui, j'assume ce que j'écris et comme je l'écris. J'ai choisi la prose et chacun de mes mots est "senti" comme étant le plus justement à sa place dans la forme. Et je laisse les autres faire de même, leur démarche m'intéresse aussi pour leurs différences. Je ne suis jamais réfractaire à la discussion quand elle est constructive, mais l'affrontement par ceux qui croient "savoir" me laisse froide. Je ne perds jamais de vue que chacun a une explication et appuie cette explication par sa pragmatique personnelle, ce qui me ramène à voir que des pragmatiques personnelles il y en a des quantité, autant presque que d'individus et qu'à ce titre, rien ne peut être imposé.

"Je" est aussi le seul moyen que l'on a pour justifier d'une attitude exacte avec soi, ceux qui le prennent pour une agression ont peut être un problème avec le leur.

Dommage si certains sont ennuyés de trouver des vers au lieu de la prose telle qu'ils l'imaginaient, mais moi je suis dans le plus juste de ce que je voulais faire et cela se suffit. Je n'écris pas pour les autres même si je suis très heureuse quand ils en sont touchés, j'écris pour faire mon travail sur terre et j'essaie de le faire le mieux possible et avec la plus grande humilité et la plus grande attention.

Dommage aussi que tu aies écrit "beurk" en début de réponse, c'est un drôle de "je", et à tout prendre je préfère conserver le mien.

Ile

posté le 2007-01-16 à 11:55:38

D'autre part Rémy, pour ma part je crois que la "communication" est la rencontre de "moi" différents qui savent, sans s'empailler, s'enrichir de leurs différences.
Heureusement, que des gens tels que les Impressionnistes, Cubistes, Surréalistes, ou tous autres dérangeants, dans quelque domaine culturel que ce soit, à leur époque, ont fait avec leur "moi", la route qui était la leur, sans tenir compte de la manière dont le lecteur ou spectateur les recevaient ! C'est de ces "je" là que l'art libre a pu et continue à se frayer un chemin vivant.

Jean des Collines

posté le 2007-01-16 à 15:58:29

Rémy
La dictature de la forme m’a toujours "empaillé" et comme je n’ai pas envie de "me friter" avec des profs de littérature présomptueux, je retournerai aux maternelles du savoir lire, où les textes se lisent en émotion et ressenti, là où l’on "n’empaille" pas les mouches avec des effets de style et où le "beurk" me parait inutile.
Les textes, je les ressens ou je les laisse pour ce que je les crois être, sans pour autant affirmer qu’ils le sont. Mingus n’a pas tué Mozart, la prose n’a pas flingué la rime, pour autant, le mélange des genres ne me contrarie pas
Jean des Collines



posté le 2007-01-16 à 17:00:26

Rémy, je n'aime aps du tout la mise en forme en colonne du texte de prose poétique d'Ile. ca défigure son texte, ca fausse mon arppoche de son contenu.

Je l'aimais ainsi. Ca veut simplement dire que la mise en page joue aussi sur la manière de lire et percevoir.

C'est une évidence pour moi. ta réaction est intéressante... et me donne à réfléchir aux différence de perception. j'espère revenir sur le pourquoi plus tard...


jml


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52 messages

posté le 2007-01-16 à 17:00:51

Jean des Collines a tout à fait raison mais je ne crois pas qu'il vaille la peine de répondre aux élucubrations simplettes du sergent Rémy.

flo

posté le 2007-01-16 à 17:01:02

c'était flo

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