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Accueil du forum >> Ecriture libre

un texte hors norme, une fugue d'échange, un jeu à plusieurs, des vers très libres, etc... ici, pas de règles sinon celles, élémentaires, du respect des autres convives.

L'Opéra des Boeings
jml


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52 messages

posté le 2007-02-14 à 08:02:49

Rats et barbituriques, ça roule toute la nuit. La prière des pauvres au fond des tiroirs-caisses. Fantasmes électrifiés sur l’écran des images. Dentelle des néons sur l’échelle de Jacob. New-York se réveille sur ses ressorts rouillés. Son rêve abattu par les flics fait hurler les sirènes. Racines givrées d’urine, yeux piqués de morphine, cette ville est sans paupières.

Coney Island : dimanches délavés de pop-corn sur les pontons rouillés. Manhattan Bridge : tout le monde embarque dans son cheval de Troie. Kennedy Airport : l’opéra des Boeing fait sursauter la Bourse.

Gens de toutes les douleurs décapant leur mémoire. Ville d’argent terni par les mauvais usages. Une foule s’agglutine autour d’un preacher. Faudra-t-il que le Dow Jones débande pour voir la tendresse entre les lignes du monde ? Les faits divers eux-mêmes fournissent les couteaux. Le désespoir passe la main sans rendre la monnaie.

Central Park : le silence est son unique tendresse. Le temps laisse des miettes pour les oiseaux nécessiteux. Manhattan parking : bouquets de solitude qu’oxydent les autos. Les arbres de Harlem ont l’haleine des clochards. La parole noire de Dieu y gicle des seringues.

Le Bronx : cages à poules et nids de solitude, ses pauvres signés par Dieu lui-même. Métastases des ruines. Le cimetière des chiens est un hôtel de luxe. Le rêve dort sur des échelles d’incendie. L’espoir bivouaque à l’Armée du Salut, armé de vieux chaussons et d’alcool frelaté.

42e rue : cinémas porno et singles’ bars. Dial-A-Joke pour survivre à la nuit. L’insomnie des drugstores. Les chiens qui courent entre les mauvais blues. Le cri des abattoirs. Le cri des overdoses. Le cri d’une ambulance bloquée. Le prix du sang dans les fontaines de Coke. Babylone à rabais. Le soleil s’oxyde comme une tache de vin.

Boîtes téléphoniques éventrées. Bip-bip-bip. Carcasses d’autos et vieilles boîtes de carton servent de lit aux sans-abri. Des tampax flottent sur l’huile de vidange allant nourrir la mer. Autant d’églises que de bars. Les fleurs du mal résistent aux pesticides.

Avenue Remsen, derrière le dépotoir. Des fillettes en résille sucent le sperme de banquiers en mal de salive. Des écureuils rongent des poteaux de téléphone. Des clodos boivent de l’alcool à friction et mangent du pigeon. On éborgne les montres pour retarder la mort.

La ville ne dort que d’un œil et se maquille de l’autre. Yellow cabs devenus fous et le métro du sang dans ses tunnels de béton. Obèse Amérique, chaque rue est un pli sur le ventre. Le cœur comme une basse branchée sur les néons. La neige du Bronx titube d’insomnie. Hommes de brique. Filles lubriques. L’huile des mendiants détraque les rouages du pouvoir. On devrait tuer tous les pauvres qui ne travaillent pas.



River Side Drive. Un ongle qui s’incarne sur la tige d’un doigt. Une seringue qui fouille les entrailles du sang et pique un fœtus. Une balafre à la joue. Les nouvelles voyagent par les yeux des idiots. Personne ne dort ici. Des enfants pleurent dans les tombes et font taire les chiens. L’orgueil et l’envie tiennent les choses éveillées.
Les graffitis sur les murs sont les seuls poèmes.

Entre l’aluminium et la voix des ivrognes tout un kaléidoscope d’images à vendre. Des cœurs dépareillés roulent en ambulance. Le désespoir accouche sur la banquette arrière d’une vieille Dodge rouillée. On fouille au laser les couilles du printemps. Entre le cri des abattoirs et le silence des overdoses le dollar intoxique. Les bulldozers du profit ne laissent pas de quartier. Les affaires souterraines se traitent en ascenseur. Ici les hommes cherchent leur vide et les choses leur plein.

On dort dans un revolver comme des balles enceintes. On veille dans le sang comme des aiguilles folles. Sous la chair des néons les squelettes s’habillent de vitrines. L’Hudson charrie le sang des abattoirs dans le gas-oil des usines. On y repêche les noyés à grands seaux d’eau de javel. Les morts traînent les rues en costume de sang et laissent sur le sol des souliers endormis. La roue d’une montre a remplacé le cœur. La fiente des pigeons ne cache plus les cicatrices des statues.

Les néons crachent une bulle de rien. Un cri happé entre les flèches. Des désirs avortés dans des milliers d’idées. Papiers traînant dans les ruelles. Des réponses pendues par les pieds au cœur creux des questions. Les mots s’envolent pareils à des pigeons et retombent en chute libre. Terminal Market : les légumes s’anémient chargés d’insecticides.

Amérique des prothèses. Amérique des lessives entre deux crises de nerfs. Vingt ans et le sida. Vingt ans et la peur comme unique héritage. Bleeker Street : les métros hurlent à l’heure de pointe vomissant des suicides. La foule est une solitude cherchant ses clefs dans le trousseau des pas. Une constellation de cris maquille le silence.

Hudson River remplie de coke et de vieilles merdes.

Isabelle S.


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343 messages

posté le 2007-02-14 à 18:22:36

un monde très noir...

mais chaque fois que je lis ce genre de texte, je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est en soi que le monde est beau ou non
et que souvent la noirceur n'est qu'une traduction de notre amertume et de nos propres manques

jml


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52 messages

posté le 2007-02-14 à 20:34:17

La noirceur n'empêche pas la lumière mais j'ai de la difficulté à la voir dans les villes. Je trouve la lumière dans la nature qui m'entoure. Je ne suis probablement pas né contemporain du néon.

Isabelle S.


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343 messages

posté le 2007-02-14 à 22:36:51

je me méfie de ton admiration trop grande pour la nature, et trop dite pour être vraie... ta nature est souvent très humanisée, et peu observée en tant que telle, en tant qu'ensemble d'êtres observant les mêmes phénomènes de survie

et si, il y a de la lumière, plein, dans la ville et dans le néon, suffit d'enlever ses lunettes d'amertume et de rancoeur qui rongent, et de simplement regarder...

Isabelle S.


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343 messages

posté le 2007-02-14 à 23:15:58

c'est un peu comme si, au lieu de délivrer un message d'amour, tu délivrais un message de haine, ça me donne cette impression-là...

flo

posté le 2007-02-15 à 10:07:27

Oui, je n'avais aps réagi, car je rejoignais un peu cette impression qu'Isa a décrite.

A la fois ce texte est très cohérent et très bien écrit. Mais je n'adhère pas à ses valeurs. J'aime les villes et pourtant j'ai décidé de m'installer dans un petit village à la campagne. Mais les villes, leur noirceur, leur lumière, leur ambiguité, tout cela pour moi, c'est simplement dû à une plus grande densité d'humain et contrairement aux idées reçue, d'humanité. Elle est plus âpre l'humanité, car soumise parfois à des extrêmes plus grands, mais elle a des pics d'intensité à la mesure de ses gouffres et ses vides.

A la campagne, dans les petits villages, il y a plus de rapports entre être humain, de gens qui se rencontrent, s'aident spontanément, mais il y a aussi, parfois, plus de jugements, plus d'hypocrisie, plus de frictions entre rapports sociaux, plus de matérialisme. La ville respecte plus la singularité de chacun. A mon avis.

ce texte vient d'une de tes visites récentes à New York? As-tu visité ces quartier? Pris des photos? Ca m'intéresse.

Isabelle S.


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343 messages

posté le 2007-02-15 à 10:15:20


je pense que si la nature avait blessé jml, il aurait les mêmes réactions de rancoeur envers elle

les choses ne sont pas si simples, dans les deux il y a vie, et douleur, et souffrance, et amour, et joie, et traîner par devers soi des choses qui rongent, par expérience personnelle, ça ne fait pas du bien

En tout cas, je suis très reconnaissante à ce genre de textes, moi, c'est juste hier que j'ai pu enfin formuler ce que je ressentais depuis longtemps, clairement, et c'est une avancée considérable. Car cela me permet vraiment de comprendre pourquoi j'aime les gens que j'aime, et pourquoi j'aime la poésie que j'aime

Ile

posté le 2007-02-15 à 12:05:36

Pour ma part, je ressens fortement ce que décrit Jml, peut-être parce que j'étouffe en ville, que le rassemblement m'y semble grégaire et artificiel, et surtout orchestré par une progression des profits qui me heurtent de plus en plus. Si la nature n'est pas idéale, elle est cependant régie par le vivant "respiratoire". Ce n'est pas que je n'aime pas les gens mais c'est que je les aime au même titre que les arbres par exemple et que je souhaiterais tellement qu'ils comprennent qu'ils ne sont pas plus essentiels qu'une pierre du chemin ! Ne me dites pas que je suis idéaliste ! je le sais...

Isabelle S.


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343 messages

posté le 2007-02-15 à 13:10:23

le rassemblement n'y est certainement pas artificiel, comme tout rassemblement d'animaux de type social : et la preuve, c'est que, toi comme toi, nous y vivons, alors que nous préfèrerions, toutes les deux, vivre dans une belle nature bien pure où gazouillent les oiseaux dans les vertes prairies

seulement nous ne pourrions pas y survivre : tu as besoin d'une ville pour tes spectacles poétiques, j'ai besoin d'une ville universitaire pour mes étudiants, parce que c'est le seul travail que j'ai et qui me permet de payer mon loyer et le reste
ces rassemblements urbains correspondent à des nécessités de survie : pour survivre, beaucoup d'humains vivent en ville

faudrait arrêter le discours faussement "naturel"

et de toute façon, moi aussi je comprends ce que décrit jml
mais de toute façon, le lieu qu'il décrit, pour moi, n'est pas la question, ça m'a permis de cerner quelques unes des caractéristiques de son écriture et de ses interventions, et je précisais simplement que je m'en écartais fondamentalement

ce qu'on avait déjà remarqué



Ile

posté le 2007-02-15 à 14:03:49

Isa, Isa, je n'ai pas envie de tenir un discours du "naturel" forcément ! je dis juste que j'ai du mal à m'adapter à la ville et à la manière dont beaucoup de gens y vivent, et que le conditionnement, parfois même bien toléré, des citadins, m'interpelle. Je ne dis pas que c'est mieux ailleurs, juste que moi j'aimerais vivre ailleurs et autrement. Je crois que les villes sont en effet "le lieu de survie" parce que justement rassemblant un système de profits, d'egos, de priorités peut être pas fondamentaux au réel bonheur des gens, et peut-être que là il y aurait quelque chose à changer, il y a plusieurs bateaux possibles certainement pour traverser l'océan.
Pour ma part si je vis proche de la ville, c'est que j'ai dû vendre une maison que j'aimais, en montagne, et que je n'ai pour l'instant guère eu d'autre choix que celui pas toujours heureux de vivre près de la ville. Mon plus joli rêve reste de trouver "quelque chose" ailleurs, là ou je pourrais mieux vivre comme j'aime mais, comme je l'écrivais sur mon dernier texte sur mon blog hier soir : "On dirait que les bêtes rêvent derrière les grillages. Sans le grillage, reste à vivre". Et ce n'est pas toujours facile, loin de là.

jml


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52 messages

posté le 2007-02-15 à 16:15:29

Merci Flo. Ce texte ne vient pas d'un voyage récent à New-York mais de réminiscences. J'y ai habité six mois.

Isa je crois que tu as une mauvaise perception de moi. Il ne faut pas confondre la dénonciation de l'injustice avec de l'amertume. Je suis tout le contraire d'être être aigri. Je serais plutôt un amoureux fou de la vie. De là ma révolte contre ce que nous en faisons.

Isabelle S.


Site/blog

343 messages

posté le 2007-02-15 à 18:15:13

Je n'ai pas une mauvaise perception de "toi", puisque je ne te connais pas. J'ai seulement une perception de ce que tu laisses passer de toi, dans tes écrits, tes critiques de poèmes, tes interventions, nos anciens échanges sur Francopolis, etc... et cela depuis maintenant à peu près trois ou quatre ans, ou même plus, me souviens plus

j'ai l'idée que, sur internet, on peut se faire une image personnelle des gens à travers tout un ensemble de situations psychologiques diverses, comment ils s'adressent aux gens,comment ils réagissent en situation de crise, comment ils réagissent aux critiques, insultes, compliments, analyses, flatteries, quel intérêt ils portent aux autres, comment ils interagissent avec telle ou telle personne, etc... et cela sur le long terme (c'est très important)

mais j'ai peut-être bien tort et j'ai peut-être perdu mon temps toutes ces années

(Flo je te réponds bientôt)






Jean des Collines


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10 messages

posté le 2007-02-16 à 11:57:21

Je me permets de m'inviter au débat. En rebond sur ce qui est dit, je dirais que la noirceur n'est pas une traduction de notre amertume, elle est la juste mesure d'une déception à voir le monde se diluer loin de ses vocations humaines. Si moi non plus je ne peux voir la vie en rose lorsque je traverse ma ville, je ne nie, pas plus que Jml, que le rose existe ou que les flons-flons du bal aient leur charme, cependant le crime serait de trouver que la noirceur est une couleur joyeuse parce que les néons dansent. Pas de haine dans ce texte, seulement la désillusion d'être dans autre chose que ce que l'on aurait voulu, dans un monde aux rêves trahis. L'auteur ne vend rien, ne convertit pas au nihilisme, ne vend pas de pinceaux à graffiti, il livre un simple regard, que l'on traverse comme un cosmos insalubre avant d'aller se ressourcer à la lumière originelle.
En écho ce texte chanté que je crois de Fanon : la Seine n’a pas le même goût selon qu’on la regarde d’en-haut ou bien d’en-dessous.
Porter un jugement sur le ressenti de l’autre, quand celui-ci ne porte atteinte à la dignité de personne, me parait excessif, voire d’une agressivité à analyser.
L’auteur n’écrit pas beau il écrit fort et c’est beau comme du diamant noir: "Central Park : le silence est son unique tendresse. Le temps laisse des miettes pour les oiseaux nécessiteux. Manhattan parking : bouquets de solitude qu’oxydent les autos. Les arbres de Harlem ont l’haleine des clochards. La parole noire de Dieu y gicle des seringues"…/… "L’orgueil et l’envie tiennent les choses éveillées. Les graffitis sur les murs sont les seuls poèmes".
Jean des Collines


Jeanne des Plaines

posté le 2007-02-16 à 13:56:38


La force : pour moi la force est concentration, alors qu'ici ça ressemble plus à du déballage. Texte trop long sans doute, et avec trop de répétitions d'images déjà utilisées souvent ailleurs, ce qui lui fait perdre justement cette force qui serait nécessaire.

Isa

posté le 2007-02-16 à 14:18:16

ça fait très texte de dégoût, presque de crachat... Hmm j'y tiens, il s'en dégage comme une impression de volonté de nuire
J'ai rien contre, en fait, c'est juste que cette voie-là ne m'intéresse pas, j'aurais pu ne rien dire à ce texte, j'ai juste dit parce que je passais et que je pensais que l'auteur pouvait ainsi s'interroger, mais s'il ne le fait pas, aucun problème pour moi
mais si jml veut renforcer cette impression de violence, il faut sûrement faire moins délayé, oui



posté le 2007-02-16 à 14:22:41

Jean des montagnettes, euh des collines, tu dis que toi aussi, comme jml tu ne nies pas que etc...
le problème est que jml ne le dit pas dans son texte, mais en dehors
et c'est dans le texte que ça devrait se trouver si on voulait en tenir compte
(exactement comme quand il dit qu'il est tout sauf un aigri, alors que tout ce que je connais de lui virtuellement me le fait voir ainsi, dois-je croire sur parole quelqu'un quand mon expérience me dit le contraire?)

Isa

posté le 2007-02-16 à 14:23:15

c'était Isa

Jeanne des Plaines

posté le 2007-02-16 à 14:27:18

En particulier, trop de phrases nominales, qui pourraient donner une couleur, mais quand elles sont assenées trop souvent, elles affaiblissent

Jean des Collines


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10 messages

posté le 2007-02-16 à 16:18:18

Isa dit que ça fait texte de dégoût. Mais, c’est un texte de dégoût ! Dégoût de la drogue, des néons à luxure, de la misère épanchée sur les trottoirs. Là-dessus, nous sommes d’accord. Pourquoi ne pas dire alors que l’on n’aime pas les textes désespérés ?. Moi je ne saurais condamner aucune désespérance quand elle est justifiée. J’ajouterai pour Jeanne que Jml me semble être un quêteur de tendresse à l’évidence insatisfait qui explicite son besoin du blanc et non du blanchâtre : « Gens de toutes les douleurs décapant leur mémoire. Ville d’argent terni par les mauvais usages. Une foule s’agglutine autour d’un preacher. Faudra-t-il que le Dow Jones débande pour voir la tendresse entre les lignes du monde
Ceci dit je vous trouve formidable de lire et de réagir aux textes de ce site, cela démontre que la non indifférence est une forme fraternelle, celle que je préfère.

Isa

posté le 2007-02-16 à 17:02:49

oui, mais tu ne me comprends pas, je crois, cela ne suffit pas d'écrire le mot "tendresse" pour convaincre que c'est ce que l'on cherche
ça passe par autre chose, tout un ensemble, et c'est tout cet ensemble-là dont je parle, qui me donne cette impression dont je parle
mais si tu trouves ce texte exemplaire de force et de beauté dans le sombre, libre à toi, ce n'est simplement pas mon cas.

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