Evolution de votre écriture ?
Mahatma Bandit


Bonjour à vous, en rassemblant des nouvelles pour un recueil, certaines étant toute fraîches mais d'autres anciennes, je constate dans ces dernières qu'il y a des phrases ou des passages que je n'écrirais plus du tout de la même manière et que du coup, je réécris.
Vous pratiquez l'écriture depuis des années, vous avez donc déjà un certain parcours. Je serais intéressé de savoir comment vous voyez l'évolution de votre écriture ? Vos thèmes, votre style, comment ont-ils bougé ?
Personnellement (puisque je pose la question, elle est valable pour moi aussi), je me suis beaucoup plus tourné vers l'écriture de vraies histoires qui appartiennent plus clairement au genre "histoire", la psychologie ou l'atmosphère, même si je les conserve, ne me suffisent plus. Je remarque également que je suis passé, avec le temps, de personnages plutôt solitaires à des personnes ayant des liens familiaux qui comptent plus dans le récit qu'auparavant.
Et vous ? Qu'avez-vous constaté comme changements depuis vos débuts ?

Je vais plus vers les petits détails de la vie quotidienne, j'essaye davantage de dépeindre des scènes réelles. Je crois que ce qui a changé c'est ma propre expérience qui permet de faire exister des personnages plus complexes et plus véridiques. par contre, je suis toujours autant attirée par les thématiques symboliques, par l'invisible agissant etc...

J'écris moins avec un excès d'images qui poétisaient beaucoup le texte mais rendait l'histoire trop peu tangible par le lecteur.

pour la prose tout cela, évidemment. Pour la poséie, cela a très fort évolué aussi, mais d'autres manières.
isa

comment penses-tu avoir évolué pour la poésie, justement, Flo?

Pour moi l'écriture a énormément évolué aussi, depuis 2000, l'année où j'ai commencé (je suis une petite nouvelle )

J'ai toujours autant de mal pour la prose, par contre, ce n'est vraiment pas mon langage naturel. Cela dit, je viens de finir l'extraordinaire recueil de nouvelles de Doris Lessing, sur l'Afrique du sud et les rapports raciaux ('the old chiefs's country'), et la complexité des relations que crée l'injustice, et... wow, ce qu'elle écrit bien ! du coup, ça me donne envie de m'y mettre.
Mais une nouvelle, pour moi c'est toujours aux forceps.
Bon, sinon, pour la poésie, mon évolution, c'est qu'avant, je pouvais écrire quand je n'avais pas grand-chose à dire, alors que maintenant, non. Quand je dis pas grand chose à dire, c'est pas grand chose d'une grande évolution intérieure, de quelque chose de vraiment important.

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Beaucoup de changements dans les derniers ( hum... ! ) vingt ans : je suis passée de l'émotion personnelle ( ultra-egoiste, je comnçais tous mes paragrpahes par Je - argh !) à l'engagement politique, puis à la révolte, puis finalement, au récit historique - je me tiens là depuis quatre ou cinq ans. Entre temps, pour m'aérer, des petites nouvelles, des petits textes poétiques, parfois, une flambée de colère ( c'est très sain, vous savez, de bien crier M... à quelqu'un et à soi-même !) pour revenir le lendemain tendre la main, demander pardon, redonner l'amitié ( non, ça marche pas toujrous, mais parfois si - et quand ça marche, c'est LE test réussi). Bref, l'écriture, toujours, comme un moyen de communion.
Ce que je préfère : un matin, l'écriture me tombe dessus et je serais bien en peine de vous dire ce qui va en sortir - alors, j'écris pendant 4 ou 5 heures sans m'arrêter - les épaules en compote - et je bois des tonnes de cafiout , en grignotant soit des tartines grillées beurrées et confitures aux cerises - soit des bouts de chocolat amer.

Changé ? donc, oui, mais pas tellement dans le style, ni dans l'expression : plutôt dans le fond, oui, là, j'ai beaucoup changé.

_____________
j'en reviens pas, on parle ici de TOUT ce que j'aime !
CC

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A la relecture de certains textes, il m'arrive d'être très mécontente de moi car je ne pense plus du tout dans le sens de ce que j'ai écrit - mais je vous parle là de très vieux textes : ils ont une puérilité dans la résonnance, une sorte de prétention dans l'expression, une absence de nuances qui me feraient me donner des claques

Croyez-vous que nous devenions plus intelligents, à chaque année qui passe ?
CC

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Que dire d'un parcours qui n'en est pas? On commence à écrire enfant, parce que l'on aime les mots, de petits poèmes naïfs ou des "rédactions" relativement appréciées. L'adolescence conduit plus à la poésie, surtout lorsque la formation littéraire que l'on suit y mène (En Belgique, les deux dernières années des "Humanités" "gréco-latines", se nommaient Poésie, puis Rhétorique). En Poésie, outre l'étude des poètes, il y avait la rédaction de textes ou de poèmes, ces derniers devant être écrits en rimes, pieds, etc...contrairement à l'écriture libre qui a suivi. Donc, comme évolution, de ce côté, c'est assez radical.
J'ai continué quelques temps à écrire des poèmes sans intérêt.
Etant adulte, j'ai commencé à écrire des textes, pas des nouvelles, appelons cela contes?
Une idée surgit, venue d'un fait observé, et puis l'imagination fait le reste. Et je ne sais pas où elle va me mener. Mon début n'a pas encore de fin... Rien n'est programmé. Pour l'évolution disons que les poèmes sont rares et très différents des débuts, il faut un déclic, une émotion. Et je les ressens comme assez tristes.Plus instinctifs.
Pour les textes courts, il y a un mélange de fantaisie et d'irrationnel ou d'absurde, avec un fond de réalité. Mais cela ne vaut pas la peine d'en parler, c'est occasionnel, et si je m'y mets, je passe des heures sans dormir.
Mais je n'ai rien d'une professionnelle, d'ailleurs j'ai horreur des contraintes, et je vous admire d'être si constants en écriture.(Et en succès)!

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nous avons encore cei en commun, Chris : les contraintes, bouh (pleurs!) Peut-être parce que nous avons porté des corsets (mentalement) pendant longtemps ? ou parce que les corsets ( au sens propre) portés par nos mères et grand mères, nous ne les avons pas jetés par dessus les moulins en temps utiles ? nous aurions trop attendu ? les baleines nous blessent encore ?
La "libération" de notre écriture se fera-t-elle un jour ? Ou bien gardons-nous toujours la main sur le garde-fou ?

Dernière modification le 13-05-2009 à 02:04:37
CC

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Ah : j'ajoute : moi aussi, j'admire Isa, Flo, Mahamat, et ch'suis pas peu fiérotte d'être ici, j'vous le dis !!!
CC

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Tout à fait d'accord avec toi, Lise! Merci de l'exprimer ainsi!

Alors ISa, en poésie, c'est une évolution constante. J'ai exploré et explorerai encore des modes d'expressions très divers : symbolique, lyrique, en écho, jouant sur le rythme ou les mots.... jusqu'à un style plus épuré ces derniers temps.

Mais ce qui a vraiment évolué, je pense, c'est une forme d'affinage de la forme et du rythme. Quelque chose de très sensible. Ton écriture a souvent été pour moi un modèle d'inspiration. Celle de Guy Goffette aussi, dans un tout autre style. (et d'autres poètes, des dizaines, mais chacun pour une chose particulière) Cette capacité à exprimer des choses par inductions de formulations. Ces petites accroches de phrases qu'on écrit ou dit souvent et qui soudain, par la force du verbe du poème, nous introduisent à une autre réalité. Cela allie une musicalité à une exploration intérieure.

Mais ce qui me réjouit, c'est que le chemin est encore long et donc semé de virages, de carrefours, de forêts et de sommets

EN fait ma recette de justesse est, quelque soit le style, ais-je fait parler mon jardin intérieur? cela rejoint-il quelque chose de plus vaste, de plus grand que le simple moi-même ?

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