J’ai le neurone qui flambe.

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J’ai le neurone qui flambe.
J’ai revu récemment (avant hier), sur ARTE, "Mississipi Burning" d’Alan Parker. Ce film retrace la disparition de trois militants pour les droits civiques (deux blancs et un noir) en1964. C’est un portrait sans concession de la société américaine dans certains états du sud à cette période.

Ce film m’a interpelé parce qu’il fait suite à un documentaire sur le génocide arménien, (avec images d’époque) diffusé il y a quelques jours. En effet, ces deux portraits de l’horreur et de la violence raciale orchestrée et acceptée de façon consensuelle par certaines sociétés posent encore le problème du formatage des consciences et de la récurrence des mécanismes de la haine qui traverse l’histoire.

A travers "Mississipi Burning" Alan Parker cerne la paranoïa des doctrines de la suprématie religio-culturelle d’un groupe social barricadé dans une certitude identitaire au postulat simpliste : « nous sommes les vrais enfants de Dieu », ce qui l’oppose à l’autre, à « l’infâme groupe social », à celui qui « sent mauvais », qu’il accuse aussi de rituels nécessairement maléfiques, et à celui « qui pourrait polluer le sang des bien nés ».
"Mississipi Burning" montre une société orgueilleuse et machiste qui, même au prix du sang, veut conforter sa domination en infériorisant l’autre : sa "grandeur" se mesure à "l’infériorité" des autres.
Ce formatage, nous le savons, a toujours conduit à des pogroms : Arménie, Russie des tsars (où les derniers pogroms se chiffrent en dizaines de milliers de morts), Afrique du sud …
Il reste un modèle qui perdure : Indonésie, Inde, Darfour, etc.
Le documentaire sur le génocide arménien, lui, m’interpelle parce qu’il démontre que, dans une société ayant la forme identitaire paranoïaque que l’on observe dans "Mississipi Burning", l’émergence d’une élite issue du milieu discriminé, fait perdre le statut de dominant à ceux qui croient être l’élite légitime. La réussite sociale de "l’inférieur" leur est insupportable. Elle engendre le passage du pogrom au génocide. Le "sous-être" social devient l’ennemi de l’intérieur. Il ne se contente plus d’être l’infâme qui pourrait polluer le sang des bien nés, il devient le voleur de richesses, le concurrent, le rival. Sa culture perturbe l’ordre moral, donc : sa suppression s’impose.
Ainsi, parce que, pour certains, elles ne pouvaient être considérées sur un pied d’égalité, les élites intellectuelles et sociales, arménienne, juive, tutsi, biafraise, bosniaque, etc… devaient disparaître.
Cette architecture de la jalousie de groupe et de la haine me perturbe car la compétition entre les hommes est un moteur relationnel instinctif en opposition totale avec l’intelligence de la générosité et de l’ouverture aux autres.
Drôle de nuit. ARTE enflamme mes neurones et mes rêves cauchemardent à la recherche du "pourquoi". Hélas je sais le "comment".

Mario

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