"Derniers fragments d'un grand voyage" de Christiane Singer

Christiane Singer, écrivain d'une humanité spirituelle hors du commun, est décédée le 4 avril 2007 à Vienne en Autriche. Pendant sa maladie elle a écrit "Derniers fragments d'un grand voyage" publié chez Albin Michel. Ci-dessous un extrait de la puissance de sa pensée relayée par son amie mathématicienne Marie Milis.

"../.. Ce qui est bouleversant c’est que quand tout est détruit, quand il n’y a plus rien, mais vraiment plus rien, il n’y a pas la mort et le vide comme on le croirait, pas du tout. Je vous le jure. Quand il n’y a plus rien, il n’y a que l’Amour. Il n’y a plus que l’Amour. Tous les barrages craquent. C’est la noyade, c’est l’immersion. L’amour n’est pas un sentiment. C’est la substance même de la création.

Je croyais jusqu´alors que l´amour était reliance, qu´il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n´avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. C’est cela le mystère. C’est cela le plus grand vertige.

Au fond je viens seulement vous apporter cette bonne nouvelle : de l’autre côté du pire t’attend l’Amour. Il n’y a en vérité rien à craindre. Oui c´est la bonne nouvelle que je vous apporte.
Et puis il y a autre chose encore. Avec cette capacité d’aimer - qui s’est agrandie vertigineusement – a grandi la capacité d’accueillir l’amour. Et cet amour que j’ai accueilli, que j’ai recueilli de tous mes proches, de mes amis, de tous les êtres que, depuis une vingtaine d’années, j’accompagne et qui m’accompagnent – parce qu’ils m’ont certainement plus fait grandir que je ne les ai fait grandir. Et subitement toute cette foule amoureuse, toute cette foule d’êtres qui vous portent ! Il faut partir en agonie, il faut être abattu comme un arbre pour libérer autour de soi une puissance d’amour pareille. Une vague. Une vague immense. Tous ont osé aimer. Sont entrés dans cette audace d’amour. En somme il a fallu que la foudre me frappe pour que tous autour de moi enfin se mettent debout et osent aimer. Debout dans leur courage et dans leur beauté. Oser aimer du seul amour qui mérite ce nom et du seul amour dont la mesure soit acceptable : l’amour exagéré. L’amour démesuré. L’amour immodéré.
Alors, amis, entendez ces mots que je vous dis là comme un grand appel à être vivants, à être dans la joie et à aimer immodérément."
Extrait des paroles de Christiane Singer relayées par Marie Milis son amie mathématicienne, consultables en entier par le lien ci-dessous

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cliquez sur "en savoir plus" sous : Christiane SINGER “Le pire n'est pas fatal” Jeudi 15 mars 2007 pour accéder à la possibilité de lire la conférence en entier.

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bonjour amie Ile

pourtant, j'aime quelqu'un de tout mon corps, coeur esprit, et de toutes mes forces, pourtant j'essaie le plus possible d'aimer ceux que je croise, ceux qui osent se laisser vraiment rencontrer, ceux que j'accompagne ou qui m'accompagnent, pourtant l'altérité m'a toujours paru, en dehors de la construction et le réconfort dans le désespoir qu'elle apporte, le plus fort moyen de connaissance

mais là encore, comme pour Bobin, le texte que tu cites, au mieux me laisse indifférente, j'ai beau essayer, ça ne me fait rien du tout, au pire me donne envie de tout balayer pour voir ce qu'il y a derrière ces mots vides et creux
donc, tu vois, tout le monde ne le ressent pas pareil
je respecte beaucoup, bien sûr, tout le chemin spirituel de cette femme, et surtout celui qui l'a menée à la mort, j'aime sa phrase sur le mariage, qui ne se contracte pas, mais se danse, mais ces paroles-là sur l'amour, en dehors de tout contexte ici, brandies un peu comme un manifeste, ne me font rien


et il me vient à la lecture, tout de suite, ces remarques :

parler ainsi de l'amour n'entraîne rien qui aide les autres à y entrer, on nous dit simplement "aimez, aimez"... bien, d'accord, aimons...mais si le lecteur n'aime pas, est-ce que ça le fait aimer? est-ce que ça l'aide à aimer? je ne crois pas, et pour moi qui aime, il n'y a strictement aucune résonance, je ne reconnais pas mon amour dans ces mots creux
c'est un peu comme si on disait aux gens : soyez heureux !
bon OK, pourraient dire certaines personnes, nous on est d'accord, le problème c'est qu'on ne l'est pas, heureux, alors que fait-on?...?
et du coup il place l'auteur dans la situation d 'être supérieur : moi j'aime, faites comme moi et vous serez dans la voie droite
alors déjà moi les êtres supérieurs, hein bon...


deuxième remarque, l'ambiguité du mot amour tel qu'il est employé. Moi je ne sais pas, c'est peut-être mes origines paysannes, mais je fais beaucoup de différence, tout simplement en observant ce qui se passe en moi, entre l'amour-fluide qui relie les êtres entre eux quand ils le veulent bien et qu'ils s'ouvrent suffisamment pour cela, force chaleureuse et chemin vibrant, et l'amour-bourrasque chavirante qui anime toutes les fibres de mon être quand je suis avec l'homme que j'aime ou y pense, ça m'énerve qu'on emploie pour ces deux réalités si différentes le même mot


enfin troisième remarque, dans ma petite modeste réalité sensible à moi, dans ce que j'ai essayé d'avoir comme communication avec des êtres qui mouraient, dans ce qui m'a été donné de contempler quand j'arrivais enfin à concentrer toute l'essence des choses, dans les expériences que m'ont donné certaines âmes, dans les rêves qui sortant de l'ordinaire voulaient me dire quelque chose de spécial, SI, il y a quelque chose d'autre que l'amour, quelque chose de supérieur, ou plutôt quelque chose de profondément EN-DESSOUS

quelque chose qui fait que, lorsqu'on est avec,en a conscience, lorsqu'on arrive à se connecter à, quelque chose qui fait que tout ce que l'on vit ordinairement ou extraordinairement n'a aucune, mais alors, plus aucune importance, l'amour compris

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dans la seconde partie de ta citation, également, mais c'est moins important, des petits éléments qui me masquent le message, qui brouillent l'effet , par exemple :

"Au fond je viens seulement vous apporter cette bonne nouvelle : de l’autre côté du pire t’attend l’Amour."

quand quelqu'un me dit qu'il m'apporte une bonne nouvelle, je tique ; ce n'est pas anodin dans notre civilisation chrétienne de dire "je vous apporte une bonne nouvelle", cela fait référence à quelqu'un d'extrêmement précis, le Christ pour ne pas le citer. Donc, là aussi, comme quand Sarkozy emploie le slogan de campagne "le travail c'est la liberté" (ou, dans sa traduction berlinoise Arbeit macht frei ) je dis : il y a certaines petites phrases qui sont comme copyrightées, quoi, vaut mieux pas les employer si on veut être compris avec exactitude et force. Le "je vous apporte une bonne nouvelle", pour moi, je le laisse au Christ, et je n'imaginerais pas une seconde, malgré le fait que je sois athée, d'emprunter ce superbe manteau de phrase, ça me paraîtrait extrêmement prétentieux

ensuite "de l'autre côté du pire", j'ai un doute, rationnel cette fois : parle-t-elle de la mort ou de la souffrance absolue?

autre phrase :
" – parce qu’ils m’ont certainement plus fait grandir que je ne les ai fait grandir."

bon, là encore, je tique, c'est tellement typiquement la phrase de flagellation habituelle des gens qui s'autodévaluent.... Comment sait-elle qu'elle a plus grandi, elle, et non pas les autres qu'elle a accompagnés? si elle n'en sait rien, pourquoi dit-elle ça?
et là aussi, donc, message masqué et affaibli pour moi du coup


Peut-être qu'elle a fait comme toi : elle a dit ce qu'elle pensait avec beaucoup de sincérité. Avec vos deux réflexions le monde y gagne en clarté, je trouve que c'est déjà beaucoup.
ile

J'oublie toujours d'écrire mon nom !! c'était Ile au-dessus

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mouibonmerci mais ça n'a pas beaucoup de sens de me mettre ainsi sur le même plan que cette auteure, ça ne me semble pas le but : ma réponse était une conversation avec vous, et j'aurais préféré ton/votre avis là-dessus que cette conclusion brusque à ce qui apparemment donc était autre chose qu'une discussion,proclamation? quelque chose comme ça?
Ile

Mais non Isa, c'était juste l'envie de faire partager un ressenti, je trouve (pour avoir lu plusieurs de ses livres) que Christiane Singer cherchait à faire de sa vie (et là de sa mort) quelque chose de beau, j'ai voulu le dire. Si je t'ai mise sur le "même plan" comme tu dis, c'est que je crois que tous ceux qui cherchent sincèrement dans le sens de l'amour sont sur le même plan. Et, d'ailleurs, tout le monde est sur le même plan dans l'absolu de la possible amélioration de la compréhension de chacun. Ce n'est pas "une conclusion brusque", plutôt ouverte au champ possible de la diversité. Et surtout aucune "proclamation", l'expérience ne confère qu'une seule certitude celle de faire soi-même sa propre expérience. Mais on peut dire ce que l'on a ressenti, juste essayer de le partager. C'est ce que je voulais faire en parlant de ce livre.

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(mais tu n'as pas "parlé" de ce livre, justement juste cité )
pas grave, hein, bonne journée, vais au boulot et il fait TRES beau
Ile

C'est vrai, je n'en ai pas "parlé" parce qu'il me semblait que tout ce que j'aurais pu dire était déjà dans le passage que j'ai copié, tu connais mon côté "méditatif" qui parfois prend le pas sur mon côté "intello" !
Oui, journée superbe et je vais aller un peu marcher, j'en ai besoin en ce moment. Bon courage pour ton travail et bonne journée , et aussi à tous ceux qui passent.

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Personnellement, ça ne me choque pas, que Christiane Singer, qui était une chrétienne croyante et très habitée spirituellement, reprenne une phrase du christ aprce qu'elle le vit elle-même. Il n'y a pas de "copyright" sur les phrases du christ, sinon, où va-t-on.... je me le demande

Il me semble que Ségolène Royale a bien dit dans un de ses derneirs grand meetoing s de campagane "aimez-vous els uns les autres", si c'est pas référencé ça

Bref, ce qui gène avec Christiane Singe,r c'est qu'elle vit sa foi a fond, qu'elle la véue jusqu'au bout de sa vie, jsuqu'aux portes de la mort, qu'elle a redécouvert ou découvert certains chose dans le processus initiatique que constitue la maldie, comme tout un chacun, mais avec le prisme particulier de sa personnalité et de sa foi, et qu'évidemment dans un monde où la laïcité impose de taire de plus ne plus ces élans, de mettre une réserve et un conditionnel à toute croyance parce qu'on ne peut pas savoir ( ce dont je conviens la première, ne confondant pas foi avec dogmatisme), parce que ca dérange ceux qui ne veulent pas réfléchir plus loin ( je ne parle pas de toi Isa hein, au contraire) par ce que ça risque d'enclencher un processus de remise en question, de révolte, de dévaluation révaluation auxquels peu d'entre nous a été socialement ou humainement préparé.... etc...

Oui, Singer pose question. C'est pour cela que j'aime cet auteure. J'ai déjà parlé, ici ou ailleurs, de cet extraordinaire petit roman, "Histoire d'un âme" qui m'a fait personnellement et à une personne chère aussi, sortir du trou, il y a longtemps. Pourtant c'était un roman, mais un roman habité, habité de gouffres et de lumière, et de la lumière d'une spiritualité possible, de tréfonds visités (ou qui nous visitent à notre corps défendant) à cause de l'urgence d'une remise en question.

Et dans cette phrase sur l'amour donné et reçu qui te semble pleine de "je me sous-évalue", je lis moi, le résultat d'un vrai chemin de joie que j'ai souvent ressenti, non pas en pleinitude, mais partiellement et qui m'a donné non pas une image tronquée ou amoindrie de mi, mais au contraire, une image où la vie, avec tout ce qu'elle contient de joie, de perspectives, de solaire, s'était réinjecté. Cette perspective vitale n'est jamais possible dans uen vision où l'être se diminue, mais bien où il s'insscirt dans une juste place dans la communauté des vivants qui l'entoure... et c'est ainsi, sans doute, que je comprends cette belle phrase qui m'intrigue : "Je croyais jusqu´alors que l´amour était reliance, qu´il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n´avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. C’est cela le mystère. C’est cela le plus grand vertige. "


De toute façon, les "spirituels" ( je n'ose dire mystiques ou contemplatifs, car ce ne me semble pas approprié) sont toujours au centre de polémique. Car ils véhiculent leur expérience totalement intime, ils se retourennt comme des chaussettes, et ils le font dans la confiance que cette joie peut-être partagée, mais elle ne peut pas toujours l'être, leur propos n'est pas toujours universels, que ce soit du fond , de la forme ou des deux. Ils ne peuvent toucher tous le monde. Et ceux qui "sentent" qu'il y a dans les propos de ceux-là quelque chose qui dit mieux ce que eux pressentaient seulement maladroitement avec leurs balbutiements de réflexion ou d'intuition, se sentent parfois bien maladroits en disant, dans ce livre, là, il y a plein de choses que je ressens. C'est aussi une manière de livrer un intime pour lequel la société actuelle, est devenue fortement cynique, fortement réservée, se protège,comme s'il y avait risque de contagion nocive, qu'on risquait de perdre l'essentiel pour vivre - l'esprit critique, surtout critique d'ailleurs - quand un homme ou une femme, un peu transporté osait dire l'origine mystérieuse de ce qui l'habite parfois, où le fait se mouvoir.

Pourtant écrire, pratiquer les arts, aimer, s'enthousiasmer, la façon de regarder même, de faire passer uen information, de décider, de guérir ou de vieillir etc... tout cela est fondé sur un système de croyances personnelles, de réaction à un ensemble de signes dont peu d'entre nous peuvent dire qu'elles sont totalement rationnelles.....

Je crois que l'explicite de certaines parole, la relation explicite à certains référentiels objectivement ou sijectivement rejeté ( comme le chrisitanisme en tant que croyance) peut faire rejeter des auteurs qui s'en réclame. Alors que des auteurs qui sont habité apr les mêmes valeurs, mais qui "habillent" leur réflexion par un art plus ouvert, plus sujet à la multiplicité des interprétations, comme la musique, la peinture, la poésie, la photographie, le cinéma,... Vont rester accessible à tous et laisser la porte ouverte à cette part de "tolérance" revendiqué par les personnes de conviction autre.









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oui bien sûr, c'est logique que vous ayez toutes les deux la même impression ici, et que moi je me démarque
donc, j'aime bien vos avis
mais je reviens quand même sur ce point :ni Ile ni Flo ni Christiane Singer ne me paraissent donner des éléments autour d'une question que je trouve essentielle (peut-être par manie de prof): à part dire seulement aux gens d'aimer, et de centrer leurs vies autour de l'amour, ce qui à mon avis ne sert strictement à rien (pour eux), que faire pour les aider à prendre ce chemin de l'amour?

car si vous n'en parlez pas, ne dites pas le comment, au moins en évoquant vos "comment" personnels, eh bien cela peut être reçu comme quelque chose qui, au lieu de relier, sépare. Du genre "j'aime, faites comme moi", "mais comment?"
et la personne qui pose cette dernière question peut se sentir ainsi encore plus rejetée et exclue
Ile

Peut-être vas-tu me trouver simpliste Isa, mais je ne crois pas que l'on peut convaincre d'aimer, donc on ne peut en "donner les éléments". Pour ma part, j'essaie simplement d'être au plus juste avec moi-même de façon à rester accueillante pour les autres. Je dis bien "j'essaie". Et quand quelque chose me touche profondément, je le dis, c'est une façon de partager. Quand Théodore Monod parle d'une fleur qu'il a vue, qui ne fleurit que dans le désert, et que l'on ne voit que très rarement, je le crois parce que je le sais sincère et juste ; même si je n'ai pas vu cette fleur, et même si je ne dois jamais la voir, savoir qu'elle existe me réconforte comme un cadeau possible à venir si ma route, ma volonté et mon désir, s'accordent pour me donner l'envie et la force de moi aussi la chercher. Sa joie illumine ma recherche.

Personne ne devrait se sentir "rejetée ou exclue", si c'est le cas c'est qu'il convient de part et d'autre de se remettre en réelle communication, c'est ce que j'appelle "la patience bienveillante". C'est de cela que j'essaie de nourrir mon écriture et ma vie. Et même quand ça n'aboutit pas en moi-même ou avec les autres, je continue d'y croire. Mais je peux seulement le dire, pas l'expliquer, il n'y a aucune recette. Et puis je ne suis absolument pas certaine que ce soit bien pour d'autres, il y a tant de façon d'aller au même endroit, mais sur toutes ces différentes façons on peut s'échanger des "tuyaux", c'est aussi ça la joie.

Isa, quelque chose que je ne comprends pas bien, pourquoi écris-tu : "oui bien sûr, c'est logique que vous ayez toutes les deux la même impression ici, et que moi je me démarque " ?

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Non, moi non plus je ne crois pas que l'on puisse convaincre d'aimer.
Voilà justement pourquoi je perçois l'attitude qui consiste à dire " aimez, comme je suis en train de le faire moi-même" comme une attitude qui montre qu'on se sent très faible, en réalité.

Une attitude un peu comme celle qui consisterait à dire "voyez tout ce qui m'a été donné" alors que justement cela a été donné, et que rien ne prouve que cela puisse être donné à tous en tout temps

Il me semble que les déclarations ont des messages superficiels et des messages profonds. Le fait que les messages soient profonds, et différents des message superficiels, n'a rien à voir avec leur générosité ou leur valeur, d'ailleurs, les messages profonds peuvent être aussi aimants que les superficiels
Je perçois deux messages plus lointains dans ce que dit Christiane Singer : même si elle s'adresse apparemment aux autres, elle fait surtout une célébration de ce qui lui arrive, elle remercie, et donc son adresse aux autres n'est que rhétorique en fait (ce qui n'est pas une critique). Cette célébration, ce remerciement, je le trouve très beau. Il m'agace un peu, parce que je sais que pour beaucoup il sera perçu comme une eau impossible à boire alors que ces beaucoup en auraient désespérément besoin. Mais sinon je le trouve beau.

et aussi autre message profond, elle exprime sa fragilité extrême, et ce que lui a apporté d'être aimée (et non d'aimer)

quand je dis que c'est logique que je me démarque de vous deux, Flo et toi, c'est parce que je me sens extrêmement différente de vous dans la nature même de mon être : je suis sur des chemins frères des vôtres,en ce qui concerne l'amour et les aspirations spirituelles, mais pour moi les paysages sont toujours, ont toujours été très sombres. Je n'ai pratiquement aucun espoir, je suis très pessimiste et profondément misanthrope, contrairement à vous je ne crois pas une seconde en l'humain, ce qui ne m'empêche ni d'agir, ni d'aimer, ni d'être aimée, ni d'atteindre des profondeurs de joie.

L'exemple-type,c'est ta phrase
Personne ne devrait se sentir "rejetée ou exclue", si c'est le cas c'est qu'il convient de part et d'autre de se remettre en réelle communication, c'est ce que j'appelle "la patience bienveillante"

à toute seconde, à tout moment, dans toutes les années au milieu de tous mes jeunes profs, élèves,amis etc... je suis témoin de volontés délibérées de rejeter et d'exclure, de lignes d'action préméditées dans le but, souvent avoué, de se débarrasser de quelqu'un ou de refermer sur lui oui elle la solitude. Quand il n'y a pas en plus le plaisir de faire souffrir. C'est ça aussi l'être humain

Je vis dans un perpétuel modèle de goutte d'eau versée dans un puits de sable, en sachant parfaitement non seulement qu'elle ne servira à rien, que je sais parfaitement qu'elle ne servira à rien, mais en plus que moi-même, lucide sur mes capacités à ressembler aussi à mes frères humains je suis ou j'ai été tentée de multiples fois de ne pas la verser.
Je suis cynique, ce que vous n'êtes pas.


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Excuse-moi, Isa, mais... je ne te perçois absolument pas comme cynique. Désabusée sur certaine chose, dans une volonté - peut-être protectrice- de toujours te redéfinir dans ta singularité et dans ta "territude" ( tu excuseras ce mot barbare, je n'en trouve pas d'autre en l'instant)... mais en fait, je ne te perçoois pas moins espérante, moins enthousiaste, moins joyeuse pour autant. D'une manière qui est tienne est qui est peut-être celle qui défriche la brousaille...

De tooute façon, cette semaine, je suis touot le contraire de moi, comme une chaussette repliée en boule dans le fond d'un tiroir, alors, j'ai du mal à aprler de tout cela...

Alors, simplement te dire qu contrairement à ce que tu crois percevoir de mes propos, je voulais juste dire quelque chose d'approchant à ces deux paragraphes de toi, et rien d'autre :

"Je perçois deux messages plus lointains dans ce que dit Christiane Singer : même si elle s'adresse apparemment aux autres, elle fait surtout une célébration de ce qui lui arrive, elle remercie, et donc son adresse aux autres n'est que rhétorique en fait (ce qui n'est pas une critique). Cette célébration, ce remerciement, je le trouve très beau. Il m'agace un peu, parce que je sais que pour beaucoup il sera perçu comme une eau impossible à boire alors que ces beaucoup en auraient désespérément besoin. Mais sinon je le trouve beau.

et aussi autre message profond, elle exprime sa fragilité extrême, et ce que lui a apporté d'être aimée (et non d'aimer)
"

Je ne goûte pas trop non plus le ton de celui qui sait et dit, sauf quand la phrase est tellement mystérieuse que c'est juste une clé vers un autre chemin d'exploration, comme dans un jeu de piste. Je crois que celui qui affirme dans un chemin qui le conduit à la mort, ne le fait pas dans le but de dire "je sais", mais plus pour se donner une contenance pour avancer encore dans le mystère grandissant, dans le frisson du feu qui s'approche et la consolation que prodigue la brûlure. Cette fragilité là est belle oui, et chaque être découvrira ses propres réponses faces à ses propres questionnements, de toute façon...

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pourtant je suis bien cynique : je n'ai aucune foi, en rien du tout, depuis longtemps je tente de me détacher des objets et des attachements, de vivre dans la plus petite dépendance aux autres possible, et dans la plus grande liberté possible ; la société des hommes me paraît totalement incompréhensible et me révolte etc...

bisou à la boule de laine repliée dans le tiroir (qu'est-ce qui t'arrive? encore migraine?)

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non, plus de migraine depuis 15 jours ( ce qui est une vraie mibération après le marathon des plus de 70 jours...) mais je crois que j'ai du trop tenir, alors je suis un peu a bout, je vois tout en noir

Bon ben ça me passera!

Cynique pour mi, ça ne veut pas dire cela, à la rigueur, misanthrope, mais cynique... Le cynique se moque de la morale, il tend à la débauche à l'égoïsme, il tourne en dérision toute tentative d'aller vers le vrai, le beau, le sensible,etc... ce n'est pas spécialement ce que je ressens à te lire

( je ressens même assez bien le contraire en fait )

allez bise du soir!


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je prenais cynique dans son sens originel philosophique, Flo, qui est déjà d'ailleurs assez violent, je trouve, et si tu regardes tu verras que ça me correspond bien
sinon non je ne suis pas désabusée, ayant été assez peu abusée finalement (c'est-à-dire ayant toujours foncé dans le mur en étant parfaitement consciente de foncer dans le mur, par exemple )
qu'est-ce que tu estimes être "le contraire de toi", au fait?
et dernière chose, je suis aussi épuisée en ce moment, à tous niveaux, physique, professionnel, affectif, et j'ai DECIDE que j'avais le droit de l'être, et donc de me reposer. Je crois vraiment qu'il faut que tu puisses t'accorder des moments à toi...

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