quatre accords

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...ceux que j'appelle par devers moi les accords "Doors et Goldman réunis", ces quatre accords qui balancent du mineur au majeur, du ton au relatif, de l'équilibre au déséquilibre,le genre de formule qui semble se retrouver dans le socle de tout, de la variété au punk en passant par tous les autres

(bref et pour Rémy s'il passe: Ier degré min, VIème maj, IIIème maj VIIème maj; do mineur, lab majeur, mib majeur, sib majeur)

ici, chez Artefact, à la fin de "Blizzard Dwarf Army " :


écouter le fragment :
[lien]


(petit jeu musical possible, retrouver les morceaux/chansons où ils passent
, et faire écouter si possible bien sûr)

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dans cette merveille absolue qu'est la chanson "Crystal ship", de Morrison, au presque début de mon fragment :

écouter
[lien]
Rémy

Hou t'as l'oreille fine, de reconnaître des accords dans l'Artefact !
isa 16/03

ha bon???? mais non, c'est facile, tu as le solo de la guitare lead, d'abord toute seule, puis avec la batterie qui ponctue (et le cri du chanteur hum ), et juste là ensuite, passage rapide et avec tout le monde, et c'est dans ce passage-là, binaire... plus loin ça passe en ternaire, puis de nouveau en binaire et là on les réentend
Rémy

Moi chuis pas fort du tout en dictée d'harmonies, j'ai plus l'oreille contrepointue.
isa 16/03

rhaaaa le contrepoint... j'en ai fait un an, et à la fin ça m'énervait tellement que j'ai arrêté, j'étais pas géniale non plus faut dire. Et en plus ma prof n'arrêtait pas de nous répéter "faut faire comme ça, là, bon Bach ne le fait pas parce qu'il n'appliquait pas cette règle, mais..." et c'était comme ça pour toutes les règles ou presque. A la fin, y avait de quoi se demander pourquoi on nous faisait apprendre tous ces trucs que même Bach ne faisait pas (HEIN)
Rémy

Des contrepoints, y'en a 2 et 3 demis différents.

- D'abord il y a ce que font les héritiers du grégorien au tout début de la Renaissance et en style religieux : on prend une mélodie pas trop gigotante (le cantus firmus, chanté par le choeur) et on en rajoute une deuxième qui l'ornemente (chantée par le soliste).

- Ensuite vient ce que font les renaissants proprement dits, surtout en style profane : le madrigal. Les voix y sont d'égale importance (plus de cantus firmus), l'imitation est la règle sauf dans les passages homorythmiques. Bach est le tout dernier à faire ça, dans ses fugues.

- Après on a un truc qui s'appelle contrepoint mais qui n'en n'est pas vraiment : le choral d'église protestant. Bach en a fait plein aussi, dans ses cantates et passions. Un cantus firmus est donné (une chanson pop du XIVe ou XVe siècle en général) et on y rajoute d'autres voix, mais ces autres voix lui sont subalternes, pas du tout des solistes qui s'exposent. Les autres voix sont donc à peine plus agitées que le cantus, et surtout, écrites en-dessous de lui - en fait c'est de l'accompagnement vocal, de l'harmonie. Aux débuts du genre ou quand il y a un orgue, une voix d'orgue fait une "imitation en avance" du cantus, pour que les fidèles sachent ce qu'ils vont chanter. Mais pas question de faire des imitations au milieu des phrases, ni que les voix se crient coucou les unes aux autres.

- Un autre demi est le contrepoint rigoureux. Il est issu d'une étape intermédiaire entre les deux premiers, où on a encore un cantus, mais complètement masqué par plusieurs voix ornementeuses qui font du madrigal autour. Un certain nombre de messes ont effectivement été écrites par Palestrina, Ockeghem, Josquin, ..., dans ce style-là, mais il est très rare qu'ils l'utilisent vraiment d'un bout à l'autre : la plupart du temps, sans vergognocune ils étirent et ils tordent rythmiquement le cantus de manière à ce qu'il ne fasse pas chier leurs madrigaleries, et puis dès qu'on l'a entendu deux fois ils composent du cantus eux-mêmes, c'est-à-dire qu'il y a effectivement une voix en notes longues, mais qu'elle n'est pas du tout donnée d'avance ni respectée scrupuleusement. Cette technique de composition ne correspond pas à un moment stabilisé de la musique, où ça aurait vraiment fait sens de noter comment on s'y prend en vue de l'enseigner ; le contrepoint rigoureux a été extrait d'objets en pleine mutation et enrichi de tout un tas de règles qui datent du temps où on a écrit le premier traité et pas du tout du moment où a été composée la musique qui l'a inspiré ; le fait qu'il soit resté dans les écoles est une bizarrerie de l'histoire. En fait, ses règles compliquées sont plus à comprendre comme des contraintes un peu arbitraires pour stimuler l'imagination et habituer à bien regarder sous tous les angles la musique qu'on tisse que comme des régularités qu'on pourrait effectivement constater chez les compositeurs. Toi qui as l'oreille archifine, essaie de repérer la chanson "l'homme armé" dans la messe du même nom d'Ockeghem, par exemple - elle y est tout du long, répétée x fois, mais il faut vraiment être balèze pour ne pas la perdre d'ouïe - et puis c'est un peu bête comme exercice, parce que c'est ce qui se chante autour qui est fascinant.

- Un troisième demi est ce que fait Bach dans ses chorals pour orgue ou quand il prend une mélodie de choral comme prétexte pour composer une vraie pièce, comme dans "Jésus que ma joie demeure". Là il s'en donne à coeur joie : il tisse une fugue en doubles croches au-dessus de laquelle se détache le choral en blanches et noires, ou bien il accompagne le choral comme pour l'église mais il rajoute une voix soliste qui ornemente au-dessus, ouc.. Ce sont des tours de force compositionnels, on ne peut pas prendre ça comme exemples à enseigner ; et puis l'"instrumentation" fait passer bien des choses, j'veux dire, les quintes parallèles, les octaves directes ou les dissonances non résolues entre le choeur d'enfants à l'unisson en blanches et les basses qui grondent en doubles croches deux octaves plus bas, sachant que 3 autres voix rajoutent de la note par kilos là-entre et que la tonalité passe du la mineur au mi mineur à chaque mesure en utilisant tous les degrés mobiles possibles pour ajouter au brouillard, pfff...
Rémy

Mince, je ne trouve plus le livre de musique bleu que m'avaient offerts mes cochanteurs quand je suis parti de Manyam... C'est une grande perte, y'avait plein de trucs dedans.
isa 18/03

ah ah moi j'aime bien mettre des quintes les unes à la suite des autres, ça fait joli je trouve

et l'histoire de l'Homme Armé c'est un classique, bien sûr,pas seulement en musique :

est-ce que les braves gens qui écoutaient le motet de Dufay écrit pour la consécration de la cathédrale de Florence entendaient qu'il reprenait la structure de l'église dans sa forme? sûrement pas

et pareil pour les mayas construisant des édifices visibles seulement du ciel


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