Le surlendemain d’un « dit » Docte.

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Le surlendemain d’un « dit » Docte.
Nouvelle.
Ahmed Khettaoui / Algerie .

L’aube hivernale du la ville de Mecheria jeta son regard oblique, ses
primitives lueurs sur les versants chétifs du djebel Antar où reposait au
sommet ; le mausolée de la pieuse « Lalla Maghnia » .
Quelques branchages de chêne essayèrent d’atténuer la ferveur des vents …
Les neiges d’antan dissimilés ,Des arbres de cyprès à proximité d’un amandier
solitaire au flanc de la montagne ,enlacèrent, un azur erré une opacité céleste
, emplissant un horizon serein ..luisant ..
D’un regard affectueux …exempté de tout mœurs maléfique,, Nadir contempla ce
levant suspect.
Antar ,cette immense montagne, vêtue d’un turban de neige ; , émergea la ville
givrée, emplie de sensations administrées, d’un présage crucifié !! ....
Embaumé d’encens angélique , perplexe, devant le patio rustre du logis
paternel, Nadir fit quelques enjambées sur un trottoir sans âme, dont quelques
feuilles choyées, surmenant un junior « Savonnier » récemment implanté, accablé
de quelques boules de neiges ,‘d’une pognée d’oiseaux, ployant leurs plumages
vers une ouverture murale d’une boulangerie traditionnelle avoisinante, qui
reflétait quelques bouffées de chaleur timide .
Dans un état de scrupule avancé, avec Ses petites mains pleines de gerçures :  envahi par une conquête de froid inattendue.; tint une galette .
...Dans sa toute petite poche une petite timide pièce de vingt centimes,
extrêmement affligée. !
Par apitoiement, solidarité, il la serra ,tendrement , sympathiquement !! , Par
peur ,par pudeur, aussi !!.., ,..

Enveloppé dans une Djelleba quasiment attachée à une lisière surgissant d’un
cou tout pâle et blême .
Le vent fit ses incursions de temps à autre . Le gamin de six ans ,encore
devant le seuil , méditant le gazouillement étouffé des oiseaux perchés sur le
jeune « Savonnier ».
Ce vent , adversaire, le traita, dans son intonation, d’une hostilité étrange
et d’une attention d ’indifférence .,car coûte que coûte, voulait s’en
débarrasser de ses soucis et rejoindre l’école coranique, s’en rendre à plein
temps et aux premiers rangs ;surtout, sauvegarder, exprimer son dévouement
réservé au Snobisme de Monsieur le Pieux !!, ..
Il quitta sa demeure : jovial.
Il escalada une petite ruelle serpentée ,sombre, sans lampadaires, clairsemée
de pierres et de bidons d’ordures peins en noire, exposés aux dépotoirs de la
commune .
Dans son extase enfantin, dans son for intérieur :, tout un monde enfantin ,
plein de jeux et de billes.
Pour lui ; c’est aussi une dévotion ,une fortune enfantine surnaturelle ..
l’ instinct aux jeux quelconques demeurait ,idem l’un de ses favoris soucis.
le legs divin structuré par une croyance divine ,n’est pas exclue de ses
pensées. Mais dépouillée de son profil. Divinité stylisée ..en malice et en
innocence, tel un tableau abstrait ensommeillé sur une toile abandonnée ou méprisée
de ses épris, ou tel un ouvrage répudié par ses lecteurs !
Nadir grimpa ses pensées , en sa main toujours une galette de pain bien chaude
destinée au Muezzin, et Taleb unique de la ville. Un pouvoir magique , triomphé
l’habita, couronna sa petite cervelle ....
Quelques pieux de la rue opposante récitaient des versets coraniques
..traversèrent la rue ; accompagnant leur brebis en direction du versant de
Antar , où un berger les attendit aux étendues d’un alpage pour bien les garder
et les en prendre en soin en « paître » .
Son fidèle chien bougeait constamment sa queue , faisant signe d’une protection
,signe de menace à tout incertain , aux brigands en particulier, quoiqu’ils en
faisaient une rareté au canton et au secteur .
Le berger , déshydraté, prit une gorgée de petit lait que lui tendit un
vieillard désigné par les habitants du quartier pour s’en occuper de sa
nourriture quotidienne, selon une rite héritée de leurs ancêtres .
Nadir ,adhésif, dans sa djellaba en laine ;surgit tout las de son intense
subconscient, voire sa songerie.
En dévalant , en hâte, la dernière rue, adjoignant ,l’école coranique, un ami
voisin , nommé Maamar , surgit en sa main lui aussi une galette de pain
enveloppée dans une serviette rouge ,surnommé aussi le « mac » du quartier ;,
essaya de lui manquer de respect. Chiper sa galette !!.
Un vieillard passant , sauva la face, en poussant, subitement, le gosse
dédaigné vers le vestibule de l’école .
Maamar murmura devant le vieux des mots vulgaires, des injures destinés au
pauvre Nadir , ..et s’en va ..sans aucun acte maléfique ….
« Le mercredi blanc » est un jour religieux , spirituel, mythique ;
insolite . Quoique que la plus part de gens le distinguaient comme jour
vénérable aux offrandes,.. .et prescription traditionnelle. Certains le
distingue aussi comme acte exorcisant de tout imprévu diabolique Une rite, une
coutume périodique, chassant tout acte superstitieux.
Prescription occasionnelle ..
Nadir , saint et sauf, prit place parmi ses camarade sur une natte usée ,... ,
,
Tout le monde fréquentait cette école.,
Pas de distinction entre âge et sexe,.
Dans une harmonie enfantine appréciable.
Tout le monde suivaient attentivement , assistaient avec obéissance ,, ,aux
cours de « charia » législation données par ce Docte Vénérable..Ce qui semblait
étrange , remarqué par ce prodige Nadir :que parfois le Taleb reluquait , dans
la discrétion, et sans excès, les jambes moitié dévêtues de quelques filles en
voie de puberté.
Pour ne pas attirer l’attention de leurs consœurs , ,.., ,Ce Taleb ingénieux,,
secoua sa natte brusquement en épargnant sa malice ,sa sensualité au temps
désiré, de façon à ne pas trop évoquer sa cupidité charnelle, en gardant en
même temps sa personnalité hautaine, débonnaire, son humour caractériel aussi .
« Le mercredi blanc » est une journée sélective aussi , voire une
maxime aux yeux des villageois..excepté quelques communistes du village qui
rejetaient catégoriquement cette soit - disant :paradoxe doctrine ;d’où virent
ces égarements pernicieux , irrationnelles.
Nadir déboucha sur les premiers rangs à coté du Taleb après une chaine , comme
si on est dans un super marché, ou devant une caissière. Nadir, faisant acte et
illusion de respect à son Maitre, en embrassant sa main et son front.
Ce dernier s’inclina en toute arrogance , Nadir lui tendit pudiquement , la
galette ,,,et regagna sa place parmi ses camarades dans un recoin de la salle.
Il s’assoit sur une natte usée , serrant un essaim d’enfants et fillettes ,
entre cinq ans et treize ans ;dans un garage aménagé , fourmillé , craignant
toute reproche de la part de son Taleb , ou d’une délation parvenant de ses
collègues ,surtout Maamar « le proxénète».. Il s’éclipsa dans un recoin du dit
« garage-salle » comme un crépuscule immanquable, tenant ses 20centimes que son
père déposa la veille sur son chevet. Nadir hésita de les remettre aux mains du
Taleb.
Perplexe, ,.Il fit une randonnée dans son passé, ses pensées , et surtout aux
berges de son hésitation houleuse.
Il testa le Taleb de loin de ses yeux.
L’ orateur, Monsieur le Taleb , étant occupé par ses élèves , Nadir en profita
d’un silence en sa faveur.il murmura d’un ton sarcastique : « Tiens … tiens
..Sidi Taleb est un grand oublieux , j’en profite encore .Il murmura aussi
quelques versets coraniques, faisant illusion d’une participation réelle et
active . ..
Le Tabeb , de sa part faisant illusion , que tout est marqué, programmé dans sa
cervelle .
Nadir ne quitta guère sa jouissance craintive outrancière …son silence furtif ,
,
Il ne disait rien ; Il gardait pour soi sa satisfaction, sa victoire , et ses
pensées , ses sentiments, et guetta de temps à autre la réaction du Taleb , qui
a collecté ses vingt centimes juste après le premier appel du Muezzin à la
prière,..Nadir se taisait ,,,pour mieux apprécier son refuge ..voire assouvi sa
gloire ..guettant d’un œil oblique le Taleb qui officia une séance cantique
destinée aux bas âges ;
Les heures se succédaient.
, L’heure de la dispersion approcha ,
Nadir , le prodige , continuera seul , toujours en retrait, a absorber sa
dissimulation, sa manœuvre , et sa béatitude .
Quelques étoiles chatoyantes commencèrent a refléter sur le levant , indiquant
la gaieté d’un jour givré ..en particulier : l’ astre du jour .
Ces premiers rayons faisaient une allure d’un combat triomphal., d’un
dénouement, d’un suspens entre les deux parties ( , voire les deux opposants (
le Nadir et le Taleb).
Ce dernier, avec sa manie , gardait, comme un paon Sa Seigneurie.
Tandis que Nadir ne cessa de conservait son tempérament ;
D’un air strident, le Taleb coinça Nadir contre un contrefort :
« Et toi là-bas et –l’offrande , et les vingt centimes ,( l’offrande ) tu les a
avalés ?
Nadir, égaré dans ses rêves , sa tricherie ,réticent.
D’un ton rauque répondit :
Non Sidi ( Monsieur ) Taleb ; peut-être Je les ai perdu quelques parts à cause
de mon .. impulsivité , en marchant en hâte .Pardonne moi , je t’en supplie, et
surtout , ne dis rien à mon père ..Je te donne ma parole d’honneur de ne plus
commettre, dorénavant cet acte si honteux , si désobéissant .Je vous en supplie
,Monsieur : Ayez pitié de moi ..
Monsieur Le dit Docte le tint par la nuque avec rigueur et férocité. Nadir en
sanglotant
; murmura au for de sa dignité touchée , voire son enfance crucifiée : ;Tu sais
bien Sidi ( Monsieur ) Taleb , que je suis qu’un simple ;, humble beau-fils , (
stpson ) adoptif , et que mon père( comme vous le savez ) a répudié ma mère
décédée l’an dernier a cause de ses contraintes , son outrance à l’adultère,
dont ma chère regrettée a annoncé devant le cadi ( juge) sa répudiation
(khôl)(khul), sa dissolution conjugale (khol) de cette mauvaise graine, qui est
mon soi-disant , mon père, et cela selon la législation islamique .
« Même si j’ai chipé l’offrande, Monsieur le Pieux , Même si j’avais menti , tricher,
tromper ,trahir, ma révérence à votre égard , ,;cela aux yeux de la clémence,
l’indulgence, la tolérance , aux yeux de la considération, voire la
substitution, le respect, humain , humanitaire, parental , paternel que je vous
dois , ne vaut rien aussi , Je redis : « avec tout le respect que je vous dois
»..
Ayez –pitié de moi , ;Sidi ( Monsieur) le Taleb ..Monsieur le Pieux , Le
fervent de notre village .
Ayez pitié de mon enfance crucifiée.dit Nadir d’un ton écœurant, gémissant. .
Pendant que Monsieur Le fervent du village exhumait ses petites pauvres poches
en trames usées, comme si en exhume une tombe accueillant une âme en toute paix
et sérénité...Ce terrifiant foulage féroce , fit tomber la pièce de vingt
centimes ( offrande) par terre. Elle étrangla ses deux rêveries,, : joie
enfantine et mésaventures.
Elle craqua le sol sous ses pas , la natte usée en témoigne .
Les anges dans leurs Cieux, les oiseaux dans leurs forets herbiers peintes en
azur et en gazouillements ,se lamentaient quand le gamin annonçait dans son for
intérieur :
« J’ai envie encore de jouer à la marelle avec les fillettes., rouler les
billes avec mes collègues ,mes camarades de mon mage..chasser les moineaux aux
pied de la montagne ..écouter le roucoulement des perdrix .et surtout dire a
Papa :Bonjour , ou bonsoir lorsqu’il sort ou il rentre , dans ma  main un bonbon ou une bille ,, ou dans soncœur une poignée de tendresse .
La pièce bouffa, la sacoche du Pieux usurier, quand les anges retracèrent dans
leurs Cieux la destinée louable, purifiée du chérubin , malmenant le
surlendemain ; répudiant, répugnant ,âpre du « dit » fervent.*****
Ahmed Khettaoui
écrivain , journaliste à la retraite

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