Macya dit :



Le vrai poème coupe le souffle. Il y a deux temps du silence, celui qui condescend à ne pas ajouter la risée à l?effort et celui qui ne sait dire pourquoi, à force d?être soulevé en même temps que submergé et désarmé, dans l?incapacité d?exprimer pourquoi « cela » fonctionne, sans rime, ni raison apparente.


ton poème idéal, ton vrai poème est un fleuve en crue
mais moi je dis que c'est le tien seulement, parce que là est ton essence de personne poète

une autre personne poète fera de vrais poèmes qui ne coupent pas le souffle, qui donnent l'impression d'entrer complètement dans un espace calme et réfléchi et immmobile, où le temps n'a plus cours, une autre dimension


une autre encore donnera l'impression, touche après touche, poème après poème, de donner à révéler une sorte d'immense corps, comme un sculpteur voit la forme dans le bois et la fait ressortir

pour une autre encore, le vrai poème, celui qui sera de sa nature et de son essence, sera l'entrée courte d'une lame de poignard


pour une autre, une élancée volontaire

le vrai poème pour le premier sera un fleuve puissant, pour le deuxième une sortie du temps, pour le troisième une brique de construction etc......


je dis qu'il y a une personne poète en nous,et que nos chemins sont différents, et que nous travaillons tous quelque chose, et que ce n'est pas la même chose selon les gens

parce que nous n'avons pas tous à travailler la même chose en nous


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Hors-ligne
magnifique ce que Macya dit, Isa. Cela me fait penser à "La nuit des jeunes gens" d'Aragon dans "les poètes".

Ton nom et adresse mail sont associés à ce message... Macya est donc toi?

Ah non, non pas du tout, Flo ! (décidément, c'est contagieux) je répondais simplement à ce que disait Mac Yavel dans un autre message

c'est dans le fil "c'est ce n'est pas", le jeu d'écriture

j'ai pensé qu'il valait mieux commencer un autre fil parce que sinon ça déviait de on but originel qui était le jeu d'écrire sur la citation de Claire Legendre

Sorry, suis un peu stone ce soir... et toujours pas d'accès à l'espace administration...

Ta réponse est splendide.... Et les interventions de Macyahel aussi, suis heureuse qu'il soit venu chez nous...

et ta réponse me fait bien penser à ce passage d'Aragon que je citais... (superbe....)



Moi de nuit sous les frondaisons de la ville

Ou commence l?histoire sous l?acier des néons

les longues avenues éloignent la ville
sous les graphes de lumière
essaims tournoiements
les chutes des grappes d?éphémères

à la périphérie les lampes sont plus ladres
les couleurs anémiées safranées.
Se disperse dans la saumure
de l?huile fumeuse des luminaires
la clarté de bon aloi.

Retournez à la brume (fanée ?)
de vos banlieues précaires
Il n?est nul besoin de voir
vos ombres délétères.

La cité agoraphobe ferme ses volets
s?ente dans les cendres de ses atomes
au c?ur du rien, les pulsations du vide.

Demain il y aura au plein jour
frottis diurnes d?étincelles
mémoires-noctuelles, fissions
du noir le cri blanc défoliant
déliant les terreurs
moûts et remous
une lente macération de l?obscur.



(Exercice un peu court, manque d'air, soufflé trop de bougies ? mais ébauche dans ce "fait-divers" de l'idée de concentration, la cristallisation de la peur en rejet du greffon. Ce n'est pas nouveau d'ailleurs cet éloignement périphérique, dans Zola déjà sans doute ? La "populace" loin des beaux quartiers?
Cro-Magnon avait-il des cavernes de première et seconde classes ?


Les territoires du poème

Lorsque je parle de "vrai" poème, bien heureusement je ne parle pas de ce que j'écris, mais de ceux que je lis qui sont de toutes sortes, sous d'autres angles d'attaque : la profusion ou l'économie. On peut ainsi aimer Saint-John Perse et Guillevic, la flamboyance et le macroscopique. L'essentiel est qu'il se passe quelque chose, de l'ordre de la chimie peut-être?

c'est magnifique, ton essai de concentration, d'entrée en soi, tu sais, ça me fait penser aux intérieures photos de Jean Guy sur Bruxelles (je vous les montrerai)... mais tu dis que tu manques d'air, est-ce que ce n'est pas justement parce que ce n'est pas ton style habituel?




Sur quoi se fondent les glaçons d'élution

Cela doit prendre lieu dans les formes du vent
l?hécatombe des glycines, du mauve sur la table
en terrasse mélangé aux diabolos sirupeux
avec le dos de la cuillère, une sorte de parcimonie
des philtres et des points de suspension.
Est-ce que le vert s?élide ou se retient de mémoire,
de se fondre aux gypses givrés du soleil.



(Je n'ai pas changé d'écriture, je concise parce que je suis préssé)


Je n'avais pas terminé la conversation...



Sur quoi se fondent les glaçons d'élution


Cela doit prendre lieu dans les formes du vent
lente hécatombe des glycines, du mauve sur la table
en terrasse, mélangé aux diabolos sirupeux
avec le dos de la cuillère, une sorte de parcimonie
des philtres et des points de suspension.
Est-ce que le vert s?élide ou se retient de mémoire,
de se fondre aux gypses givrés du soleil.

On remonte des cendres, les cônes gris cernés
d?un doigt humide de salive et d?amertume
venue de l?ambre des grandes plaines crues
qui brassent l?eau l?orge et les houblons
le monde rémanent à l?ombre des tonnelles.

Passent des silhouettes-coquilles vides
que personne ne semble remarquer
bien qu?elles aient un instant occulté
l?orchidée noire que la nuit composait
de friches et de runes, d?étoiles rouillées
de segments d?archipels, parcelles d?îles
de piment, de cannelle délavée, d?épices
entremêlés au fond du verre
où se dispersent les continents.





c'est extraordinairement beau ce chemin, Mac Ya, qui fait aller des silhouettes coquilles, on les voit, qui ne sont pas remarquées, et là on pourrait s'arrêter mais non leur présence est dite, parce qu'elles ont "occulté" quelque chose
on se demande... ah oui elles ont caché quelque chose, on se dit oui elles ont occulté l'ombre
mais non c'est pas une ombre c'est une orchidée noire, mais si c'est bien une ombre, une ombre en forme d'orchidée noire, et comme c'est beau cette image d'ombre en forme de fleur

"On remonte des cendres"
ça c'était un peu d'humour
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