rien, en passant...
isa

je suis un peu loin des ordinateurs en ce moment, pas de mon fait, mais parce que ce sont les ordinateurs qui m'en veulent, ils font exprès de s'arrêter et de ne plus marcher, on dirait des ânes...

juste au moment, évidemment, où il y a ici une profusion incroyable de textes, de Flo, de Kernunnos et les deux épées, bref snif

toutes petites choses dans le soleil du début du printemps

collège de l'Archet, hier matin, classe d'élèves spécialisés (ceux qui vons disparaître l'an prochain, pas les élèves, les classes), un élève catégorisé autiste par l'administration et bombardé "répétititeur rythmique" par la prof de musique se lève. Il s'appelle Jonas. Marianne, c'est une adolescente trisomique, jolie et adorable, long cheveux roux, peau blanche. Elle vient de pleurer parce qu'elle n'arrive pas à refaire la séance rythmique du morceau "attention, le soleil se lève" (extrait d'une comédie musicale écologique de Gilles Maugenest, texte à pleurer mais musique chouette)
Jonas se lève, et, à la stupéfaction de la prof de musique et de moi, se dirige vers Marianne. Suit un moment indescriptible, Jonas apprend la séquence à Marianne. Sais pas comment ils se sont débrouillés, on dirait deux extra terrestres partageant une conversation dans une langue inconnue pour nous. Le résultat, c'est que Marianne arrive à refaire le rythme avec nous, et qu'elle est très très heureuse. Et Jonas aussi. Et moi aussi.


centre Nice, on n'a pas le droit d'aller sur les voies du tram, le maire l'a interdit après les manifs très violentes à propos de Gaza qui ont failli vraiment très mal tourner.
Des vagues d'étudiants vont et viennent sur le refrain "un pas en avant, trois pas en arrière, c'est la politique du gouvernement". Faut vraiment faire gaffe, parce que les trois pas ils les font, Sylvie et moi on se fait balayer trois ou quatre fois avant de repérer les moments où la hola commence. on s'occupe en découpant des trous dans nos banderoles, voilà pour les beaux draps que Brigitte aura achetés hier pour la manif. Le directeur est avec nous, ça ça fait plutôt du bien. Une manif d'étudiants ça change vraiment d'une manif de profs, c'est bien plus drôle.


ce matin, dans les exercices de production de textes, avec la prof de français, les souvenirs de la journée d'action sont visiblements présents
(tu marches loin dans la lumière
avec des vagues mauves pour lutter dans l'insistance du vent
et moi comme toujours je te regarde
comme cette séparation frénétique des hommes
et très pâle
comme tes mains très pâles
tu marches loin dans la tendresse
)
Nasril et Anduril

Collège de l'Archet, quel beau nom pour le collège où Marianne et Jonas viennent de démontrer brillament que les mots et les phrases tels qu'on les connaît ne sont qu'une façon de communiquer et réussir et non pas la seule façon et que l'intelligence a des multiples formes, plus ou moins "adaptées" certes à la vie en société telle qu'elle est conçue, mais réelles.
Et, question, Isa, si on supprime ces classes, où vont-ils se retrouver ?
flo

C'est beau ces instantanés Isa. J'adore quand tu partages comme cela avec ta manière très personnelle de faire interagir la poésie et la vie, comme elles sont et comme elles devraient apparaître toujours.
isa

b'jour tous les deux, merci de vos réponses et plein de bisouxxx...
pour ta question, cela veut dire que ces élèves ne seront/seraient plus pris en charge par l'éducation nationale, tout simplement, ce qui est évidemment une catastrophe pour eux, plus de contacts avec des jeunes de leur âge (les classes d'intégration sont à l'intérieur même des collèges ordinaires).
Un scénario "moyen" serait que les postes de profs seront supprimés, mais pas les classes, ce qui voudrait dire que ces élèves seraient pris en charge par n'importe quel professeur des écoles. Ce qui, en pratique, veut dire que ce seront des jeunes profs non formés et pas expérimentés, car en général ce sont eux qui ont le barême le plus bas, et les profs plus vieux demandent souvent les postes les plus calmes. Pas génial non plus, et encore c'est le scénario le plus positif.
Sauf si, bien sûr, la grogne et l'ébulltion actuelles donnent quelque chose, et que les paquets de réformes soient remis à plat et... euh... discutés, ce qui semble un gros mot pour les ministres de droite.

0 appréciations
Hors-ligne
Bonjour, Isa : vous avez un bien beau métier, qui vous met en présence de Jonas et Marianne. Nous sommes privilégiés lorsque nous approchons des êtres doués de ce quelque chose d'autre, qui les différencie profondément de nous, qui les fait se comprendre en gestes et en mimiques, en sourires et larmes, loin de nos phrases menteuses et conventionelles ( enfin, oops : pas toutes "menteuse", oui, je sais ; et heureusement)

Pour la seconde partie de votre billet, je pense moi aussi à ces éducateurs qui n'ont pas reçu la formation nécessaire, et je pense encore plus à tous les Jonas, toutes les Marianne immersés dans le monde des enfant dits "normaux " : on peut imaginer leur désarroi, leur souffrance. Il n'est pas bon de les mettre à part dans un coffre étanche, mais est-il meilleur de les jeter en pature à la cruauté de nos petits d'homme ? On ne pourrait pas trouver un moyen terme ?

Finalement, j'espère que votre ordi en aura terminé avec ses caprices, car j'aimerai bien vous lire encore

Lise
CC
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